L’Histoire du Jardin

 

Suite à la création de la SHG en 1991, la question de sa contribution au bicentenaire de Georgeville en 1997 était d’une importance primordiale.  Katherine Mackenzie, une directrice de la société, a proposé la création d’un jardin pionnier pour commémorer les premiers arrivants venus de la Nouvelle Angleterre établis au village. Elle-même une jardinière expérimentée, une artiste botaniste talentueuse et auteure reconnue, Katherine s’est vue confier la tâche de coordonner le design et la réalisation d’un jardin d’époque.

 

Joan Murray, également directrice, loua à la Société une parcelle de  terrain sur sa propriété pour le jardin.  Le loyer était seulement d’un dollar par année. Ce site au coeur même du village, en face de la grande place, avait autrefois été occupé par une auberge relais. Le propriétaire et gestionnaire de cet établissement de 1847 à 1867 était Levi Bigelow. La SHG décida pertinemment de nommer le nouveau jardin le Bigelow Pioneer Garden. Jacques Valiquette, le propriétaire actuel du terrain, loue toujours ce site à la Société pour la même somme symbolique.

 

Katherine Mackenzie a initié tout le projet. Elle a fait une recherche des jardins pionniers et a consulté des spécialistes de jardins historiques chez nos voisins de la Nouvelle Angleterre. Le plan final consistait en un jardin clôturé, disposé en 4 sections. On y a alors planté des espèces utiles pour les familles pionnières, éloignées des magasins et des pharmacies. On y retrouvait des espèces culinaires, médicinales, diverses plantes d’usage courant pour les pionniers et une section dédiée aux espèces retrouvées dans la bible, une caractéristique des jardins de la Nouvelle Angleterre. Une étroite bordure de fleurs entourait le jardin.

Chaque année, des jardinières bénévoles organisaient des ventes de plants pour ramasser l’argent nécessaire pour l’achat de nouvelles plantes et leur entretien. Elles ont organisé avec succès une visite de beaux jardins locaux; elles vendaient même des vinaigres aux herbes.  On a toujours espéré que le jardin puisse suffire à ses propres besoins ce qui n’a pas toujours été possible. Dans un rapport Katherine Mackenzie écrivait en 1996:  “The garden is in its fourth summer and should be a very presentable garden for the Bicentennial”. Ce fut une grande réussite.

 

En 2003, on a souligné le 10ième anniversaire du jardin par un Vin d’honneur.  A ce moment Katherine Mackenzie vivait dans une maison de retraite à Knowlton. Le jardin était alors en excellente condition grâce à toutes les années qu’elle y avait consacrées.

 

L’entretien du jardin fut alors confié à un groupe de bénévoles enthousiastes organisé par une directrice de l’SHG Valerie Pasztor.  Valerie a organisé la plantation et l’entretien tout en gardant un inventaire des différentes espèces trouvées dans le jardin patrimonial.  Elle y mettait elle-même la main régulièrement.

 

Avec le temps, le nombre de bénévoles a diminué, la vente de plants s’est effritée et le besoin de réparations importantes devenait de plus en plus apparent. Le jardin dépérissait et prenait de l’âge: il était temps d’attirer de nouveaux bénévoles.

 

Heureusement, le groupe connut une période de renouveau juste à temps pour le 20ième anniversaire du jardin en 2013.  De nouveaux bénévoles furent recrutés et les activités du jardin restructurées. Suzanne Marcil, une jardinière expérimentée et passionnée fut nommée coordinatrice en charge de la plantation. Comme il convenait, Valerie Pasztor fut honorée et nommée “Jardinière Emeritus”.

 

À compter de 2013 le plan de revitalisation fut mis en oeuvre. On a réparé les clôtures et les bancs, renforcé les bordures et renouvelé les parterres. Un élégant lit de cèdre et de roches fut installé sous la clôture créant ainsi un aspect extérieur rangé. On installa une nouvelle enseigne près du trottoir de bois gracieuseté d’un donateur anonyne.

 

Un appel à la communauté pour amasser des fonds pour le 20ième anniversaire fut lancé avec succès. Les villageois intéressés donnèrent de l’argent, des matériaux, ainsi que leur temps et leur travail. L’esprit du village était à son meilleur.

 

Depuis lors, des améliorations se poursuivent et le jardin s’embellit.  Les parterres et leurs plantes ont été disposés avec goût et ont retrouvé leur géométrie originale soulignée par l’installation de nouvelles bordures de cèdres. Ajout discret, une remise en bois de grange a été offerte par “deux amis” du jardin. La nouvelle structure s’est avérée très utile, les bénévoles y rangeant les provisions et les outils.

 

Le jardin a maintenant une nouvelle résidente, un épouvantail appelé Hannah, du nom de l’épouse de Levi Bigelow. Hanna règne sur le jardin éloignant les indésirables et protégeant les plantes à l’intérieur du périmètre.  Hannah change d’apparence au gré des saisons, sa tenue demeurant toujours appropriée.  Tout au long de l’année, différents thèmes sont également exploités tel que les récoltes automnales, Noël, la Saint-Valentin, la Saint Patrick et Pâques.

 

Le groupe de jardinières continue de se rencontrer pour travailler le lundi matin tout au long de la saison.  Elles entretiennent le jardin et planifient les changements à venir.  Un groupe élargi, les “Amis”, est tenu au courant des développements et fournit suggestions, encouragements et soutien.

 

Suzanne Marcil continue d’être l’autorité en chef, responsable des plantations.